Point sur les toitures biosolaires

À quand une association systématique panneaux photovoltaïques et toiture végétalisée ?

Résumé de l'excellent reportage de ADELINE DIONISI dans le magazine ETANCHEITE INFO de sept 2024


Les toitures biosolaires, qui combinent végétalisation et panneaux photovoltaïques, en sont à leurs débuts en France, mais elles présentent un fort potentiel, inspiré des expériences réussies en Suisse, Autriche et Allemagne. L’idée est de bénéficier des avantages énergétiques et écologiques des deux systèmes grâce à leur synergie.

Avantages :

  • Rafraîchissement des panneaux : La végétalisation réduit la surchauffe sous les panneaux, augmentant ainsi leur rendement en été (jusqu'à 10 %).
  • Rétention d’eau : Un système de rétention d'eau alimente les plantes, favorisant leur croissance et améliorant l'évapotranspiration.
  • Réutilisation des eaux de pluie : L’eau de pluie est captée et réutilisée sous les panneaux, contrairement aux systèmes photovoltaïques classiques.

Défis :

  • Manque de données : Les mesures sur la productivité sont encore insuffisantes pour une généralisation.
  • Contraintes techniques : Il est nécessaire de choisir des plantes adaptées, d'assurer la circulation d'air sous les panneaux et de réaliser une étude préalable de la structure du bâtiment.

Des guides pratiques sont en cours d’élaboration pour standardiser ces installations.

L'article met aussi en avant plusieurs défis techniques liés aux toitures biosolaires, notamment la résistance au vent, un aspect complexe à évaluer pour ces solutions innovantes. Par exemple, la hauteur des supports de panneaux solaires est limitée, ce qui restreint l'épaisseur du substrat à 14 cm pour maintenir une bonne ventilation entre les modules et la végétalisation. De plus, ces constructions doivent respecter les normes habituelles des toitures-terrasses (évacuation des eaux, sécurité incendie, etc.).

Une étude menée par le Cerema (projet Proof) depuis 2020 n’a pas confirmé les bénéfices souvent cités des toitures biosolaires en termes de productivité énergétique, soulignant que les végétaux plantés sous les panneaux disparaissent, ne remplissant plus leur fonction de rafraîchissement. Cependant, les experts de la végétalisation contestent ces résultats, évoquant des conditions d’irrigation et de sélection végétale inappropriées pour cette étude.

Bien que peu développées en France, des systèmes comme Oasis Biosolar et Héliovert allient végétalisation, rétention d'eau et production d'énergie, sans percer l'étanchéité des toits. Ils utilisent un lestage du substrat pour maintenir les panneaux, tout en assurant la circulation d'air nécessaire.

Il y a vingt ans, l'idée d'une toiture végétalisée était souvent perçue avec scepticisme. Aujourd'hui, elle est devenue une obligation dans de nombreux Plans Locaux d'Urbanisme (PLU) et est également encadrée par la législation. Cependant, elle est encore souvent mise en concurrence avec les installations photovoltaïques. Les lois Climat et Résilience de 2021 ainsi que la loi Aper de 2023, qui vise à accélérer la production d’énergies renouvelables, obligent l’installation soit d’un « système de végétalisation, soit d’une solution de production d’énergies renouvelables » sur certains bâtiments non résidentiels. Ce « soit » pourrait, avec l’aggravation du changement climatique, évoluer vers un « et ».


source : https://files.kiosque-etancheite-bardage.com/etancheite-info-n83-092024/18/