Toitures stockantes et récupération des eaux pluviales : Vers une gestion durable de l’eau en milieu urbain

L’urbanisation croissante entraîne une imperméabilisation des sols qui empêche l’infiltration naturelle des eaux pluviales. Cela provoque une augmentation du ruissellement, une surcharge des réseaux d’égouts et des risques accrus d’inondation. Face à ces enjeux, des solutions innovantes comme les toitures stockantes et la récupération des eaux pluviales permettent de gérer l’eau de manière plus responsable et durable.

Les toitures stockantes : une solution multi-bénéfices

Les toitures stockantes, aussi appelées toitures végétalisées avec rétention d’eau, sont des systèmes conçus pour absorber, stocker temporairement et restituer progressivement l’eau de pluie. Elles se composent généralement de plusieurs couches :

✔ Une membrane d’étanchéité et un pare-vapeur pour protéger la structure du bâtiment.

✔ Un substrat drainant et filtrant qui stocke l’eau tout en laissant l’excédent s’écouler lentement.

✔ Un revêtement végétal qui favorise l’évapotranspiration et améliore la gestion thermique.

1. Fonctionnement et gestion des eaux pluviales

Les toitures stockantes captent l’eau de pluie, ce qui permet de réduire les débits de pointe envoyés vers les réseaux d’assainissement. Elles assurent une rétention temporaire avant de restituer l’eau par trois mécanismes principaux :

• Évaporation : Une partie de l’eau stockée s’évapore naturellement sous l’effet du soleil et du vent.

• Évapotranspiration : Les plantes absorbent l’eau et la rejettent sous forme de vapeur dans l’atmosphère.

• Infiltration progressive : L’excès d’eau s’écoule lentement vers des exutoires adaptés (réseau d’assainissement, citerne de récupération, sol perméable).

2. Avantages environnementaux et économiques

✔ Réduction des risques d’inondation en limitant le ruissellement direct vers les égouts.

✔ Amélioration de la qualité de l’eau : Filtration des particules fines et des polluants avant leur restitution.

✔ Optimisation du confort thermique : Isolation renforcée en hiver, réduction de la surchauffe en été.

✔ Augmentation de la durée de vie des toitures : Protection contre les UV et les variations de température.

✔ Favorisation de la biodiversité : Création d’un habitat pour les insectes et les oiseaux en ville.

3. Intégration aux bâtiments existants

Les toitures stockantes peuvent être installées aussi bien sur des nouvelles constructions que sur des bâtiments existants, sous réserve de vérifier la capacité portante du toit et la compatibilité avec les systèmes d’évacuation des eaux.

Récupération des eaux pluviales : Une réduction significative de la consommation d’eau potable

La récupération des eaux pluviales vise à collecter, stocker et utiliser l’eau de pluie pour différents usages. Cette pratique permet de réduire la consommation d’eau potable, d’alléger la pression sur les réseaux publics et de favoriser une gestion plus autonome des ressources en eau.

1. Définir ses besoins en eau

Avant d’installer un système de récupération, il est essentiel d’évaluer ses besoins en eau afin d’adapter le volume de stockage et les équipements :

• Arrosage du jardin : Environ 15 à 20 litres/m² par semaine en période sèche.

• Toilettes et lavage : L’utilisation de l’eau de pluie pour les toilettes et le lave-linge peut représenter jusqu’à 50% des besoins domestiques en eau potable.

• Usage industriel ou agricole : Certaines activités nécessitent une grande quantité d’eau non potable (nettoyage, irrigation, refroidissement).

2. Potentiel de récupération et dimensionnement

La quantité d’eau récupérable dépend de plusieurs facteurs :

✔ Pluviométrie locale : Un climat plus humide permet un remplissage plus fréquent des citernes.

✔ Surface de captation : Une grande toiture captera plus d’eau qu’une petite surface.

✔ Type de revêtement : Une toiture en tuiles ou en zinc permet une meilleure récupération qu’une toiture en bitume ou végétalisée.

Exemple de calcul :

Si votre toiture fait 100 m² et qu’il pleut 800 mm/an, vous pouvez récupérer environ 80 000 litres d’eau par an (en tenant compte des pertes par évaporation et absorption).

3. Systèmes et usages possibles

Un système de récupération des eaux pluviales comprend généralement :

• Une gouttière filtrante pour éliminer feuilles et débris.

• Une citerne de stockage (enterrée ou hors-sol), souvent équipée d’un filtre.

• Une pompe et un circuit dédié pour redistribuer l’eau vers les points d’usage.

L’eau récupérée peut être utilisée pour l’arrosage, le lavage, le remplissage des chasses d’eau ou certaines utilisations industrielles.

Réglementation et aides financières

1. Réglementation et Normes

Obligation d’installation : En Région de Bruxelles-Capitale, toute nouvelle construction doit être équipée d’une citerne de récupération d’eau de pluie avec une capacité minimale de 33 litres/m² de toiture.

Normes techniques : Le dimensionnement et l’installation des équipements doivent respecter la norme NBN-EN 12056 sur l’évacuation et la récupération des eaux pluviales.

Usages réglementés : L’eau de pluie ne peut pas être utilisée comme eau potable, sauf après traitement spécifique et autorisation réglementaire.

2. Primes et Incitations Financières

Certaines régions et communes proposent des primes pour l’installation de systèmes de récupération d’eau de pluie :

✔ Subventions pour l’achat et l’installation de citernes.

✔ Aides pour les entreprises et bâtiments publics intégrant une gestion durable des eaux pluviales.

✔ Avantages fiscaux pour les projets respectant les normes environnementales.

Il est conseillé de se renseigner auprès des autorités locales pour connaître les aides disponibles.

Conclusion : Un engagement vers une gestion durable de l’eau

L’intégration des toitures stockantes et des systèmes de récupération d’eau de pluie permet une gestion plus efficace et écologique de l’eau en ville. Ces solutions permettent de réduire la pression sur les réseaux d’assainissement, de diminuer la consommation d’eau potable et de limiter les risques d’inondation.

Photo source ECOVEGETAL